La solidarité, pour moi, c'est la fraternité.... vous savez cette fameuse devise qui est sensée tous nous rassembler, nait de la Révolution Française : Liberté, Egalité, Fraternité. Elle me semble parfois perdre de sa force, mais nous en sommes tous les acteurs, les responsables de cette perte de sens.

Pour en revenir à la solidarité, elle est à la source de ma profession. La société me paye pour que j'épaule, j'accompagne les plus fragiles d'entre nous... Ceux qui ont perdu cette liberté minimale qui consiste dans le fait de pouvoir subvenir à ses besoins, correctement.

Car oui, dans la grande généralité, je n'accompagne pas tous les chercheurs d'emploi, j'accompagne et ai accompagné depuis 15 ans (pfiou, je me fait vieille!) les "plus éloignés de l'emploi", : les allocataires des minimas sociaux, les "DELD" (Demandeurs d'emploi de longues durées, pour reprendre ce terme que j'exècre du Pôle Emploi), les chefs de famille mono-parentales, les Sans Domiciles Stables (ex SDF), les sortants de prison, jeunes sans formation.

Et, en l'espace de quelques années, j'ai vu ces individus stigmatisés, mais bien plus, la notion de solidarité perdre de son sens. Car oui, la société doit assumer... Vous, moi, nous tous devons assumer d'avoir laissé des gens sur le bas-côté, d'avoir accepté que des métiers peu qualifiés soient remplacés par des machines. Nous devons assumer de remplacer le caissier/ la caissière de notre supermarché par la machine juste à côté.... Assumer qu'il/elle perdra son emploi lorsque la machine sera bien maîtrisée par tous les consommateurs du supermarché et qu'il/elle se retrouvera licencié/e ou non remplacé/e.

C'est ça aussi l'économie, sous couvert d'avancées technologiques, de confort, on laisse des personnes sur le bord de la route sans trop s'en préoccuper.

Et, c'est ça le RSA, l'ASS, aussi. Ce ne sont pas des personnes ne voulant pas travailler. Ce sont des personnes qui perdent pied face à un monde qui avancent vite, trop vite pour eux.

Le RSA, l'ASS, c'est aussi pour ceux qui ont été cassé par un système éducatif global... une société qui part toujours du principe qu'il faut aller plus vite, plus loin. 

Et, c'est bien aussi ce monde en mouvement, qui veut aller vite. Ce sont des progrès, des avancées qui nous permettent de mieux vivre. Mais, assumons les conséquences de cela et assumons ceux que nous laissons sur le bas-côté sans leur reprocher une soi-disant "absence de volonté de s'en sortir"... Ils font, bien souvent, comme ils peuvent pour survivre, en espérant vivre.

Et oui, il y a des exceptions, et comme nous sommes en démocratie, chacun peut s'exprimer, nier l'humain.... Mais, toujours en parlant de démocratie, je m'attacherai toujours à la majorité. Et, la très grande majorité que je connais, rencontre est composée de ces "laissés sur la route". Je parlerai prochainement du discours sur les "assistés / profiteurs du système" car il me semble que ceux qui en parlent le plus sont finalement ceux qui sont bien loin d'en rencontrer et donc de s'interroger sur la réalité de ces "assistés"

 

La solidarité, c'est ça : toujours rester vigilant à ceux que nous laissons sur le bord de la route... Notre société force à cette fraternité grâce aux impôts, et c'est tant mieux. Nous avons la chance de vivre dans un monde juste pas trop injuste