Rien que dans la sémantique, il me semble qu'il y a un problème de mise à jour de vocabulaire. La société entière nomme les personnes qui doivent chercher un emploi des "demandeurs d'emploi".

Nous sommes dans une société où la sémantique a une importance extrême. La sémantique est partout, dans le marketing, en politique... trouver le mot juste, toujours ! Sur un cv, mettre des verbes d'action,  remplacer "Revenu Minimum d'Insertion" par "Revenu de Solidarité Active"... on utilise le mot de coaching à toute les sauces, même dans l'accompagnement à l'emploi

Et on balance à la tête de la société un "demandeur d'emploi"... Cette expression est née, me semble t'il, par l'idée que tout un chacun à droit à un emploi. Auquel cas, bien entendu, en respectant la loi, ceux qui en sont dépourvus sont des demandeurs d'emploi. 

Là où le bas blesse, c'est que cette notion de droit à chacun d'avoir un emploi (permettant de subvenir à ses besoins, bien entendu.. Pas un temps partiel ou un emploi précaire!) ne tient plus la route face à notre système économique. Et pourtant, l'article 23 de la Déclaration Universelle des droits de l'homme le dit : " Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage" .

Comme ce droit n'est pas respecté, il y a une façon très simple de responsabiliser le demandeur d'emploi, c'est de lui laisser ce statut, de laisser croire que les emplois sont là et que s'il n'en a pas, c'est de sa faute !

La société exige des "demandeurs d'emploi" qu'ils soient en recherche d'emploi, le justifient en laissant même entendre qu'ils pourraient perdre cette solidarité de société s'ils ne montraient pas pattes blanches. Et c'est là, où cette notion se retourne contre le demandeur d'emploi en le laissant passer pour inactif face à sa recherche ! C'est sur, c'est vendeur. Ca en jette, comme dirait certain ! Et puis, c'est sur les "demandeurs" ont toujours été bien perçu dans la société. D'ailleurs les entreprises l'ont bien compris, elles embauchent des "chasseurs de tête" pour aller piquer un salarié à un concurrent pendant que les demandeurs, b'hein qu'ils continuent à demander!

Il me semble qu'il y a comme un petit bug dans le choix sémantique, tout à coup !

Il est vrai que la sémantique ne change pas tout, mais elle influence tout de même énormément et tout le monde le sait.

D'ailleurs, pour ma part, si mon employeur me laissait entendre que je n'étais pas investie dans mon travail, b'hein, forcément, je le deviendrai ! (pas investie)

 

A quand une révolution sémantique dans le service publique de l'emploi ? Les chercheurs d'emploi seront toujours en recherche, il est vrai, mais au moins nous reconnaîtrons leur mouvement.