Quand on veut parler d'un sujet, ça peut être bien d'avoir une certaine connaissance technique sur le sujet.

Je vais donc commencer par donner quelques chiffres afin de poser le cadre dans lequel je parle. Conseillère en insertion / Conseillère à l'emploi depuis 15 ans, j'ai dû recevoir en entretien 2500 à 3000 chercheurs d'emploi et en accompagner 1000 à 1500 sur des durées allant de quelques semaines (question de timing, d'opportunités) à 3-4 ans.

En moyenne, mon "portefeuille" (quel mot glamour et professionnel!) de chercheur d'emploi est de 100 personnes à l'année, donc avec quelques mois d'arrêt pour maternité, cela doit me mener à ces chiffres qui restent approximatifs mais assez proches de la réalité, tout de même.

Je pense donc pouvoir, ainsi, me prévaloir d'une vision assez juste de mon métier mais aussi et surtout de ces chercheurs d'emploi dont nous devons lever les freins à l'emploi.

Et puisque nous utilisons le terme de "frein", je continuerais avec un vocabulaire automobile pour décrire mon classement de ces chercheurs d'emploi, assistés et pour certains "profiteurs du système"

J'ai ainsi réussi à identifier 4 types différents de chercheurs d'emploi :

- ceux qui ont un moteur enroué : la grande moitié de ceux que j'ai accompagné (réellement 50% des chercheurs d'emploi)

- ceux qui n'ont plus d'huile dans le moteur ( 35-40% des chercheurs d'emploi que j'ai accompagnés)

- ceux qui n'ont plus de moteur ou n'en ont jamais eu (10% de ceux que j'ai accompagnés)

- les machines-folles (1%)

Je vais directement m'attaquer aux profiteurs du système, comme ça, j'en aurai parlé une fois et je n'aurai plus à en parler ! Il s'agit des 1% de machines-folles... Et oui pas plus, selon moi (et aussi selon les statistiques de la CAF, des associations, etc)! .

Ces personnes sont très très facilement identifiables. Elles sont hors cadre, hors la loi. Elles assument d'ailleurs totalement cela; elles vous provoquent. Elles cumulent généralement prison-endettement et pas pour des faits finalement pas grâve, mais pour meutre, viol. Et surtout, elles n'ont pas évoluée d'un iota malgré les accompagnements, les suivis divers et variés.

Lorsqu'elles débarquent dans votre bureau, vous cachez vos tremblements, vous tentez de respirez calmement, vous signez le contrat d'insertion le plus vite possible pour que cette personne sorte vite de votre bureau et que surtout, elle ne vienne plus vous raconter d'atrocité ou de choses si violentes que la haine s'empare de vous.

Elle est en face de vous. Elle devrait être en hôpital psy, être sous traitement mais elle est là et maîtrise suffisamment la société, connait suffisamment les limites pour ne pas finir là-bas.

Elle utilise le système, vous le savez, elle le sait et l'assume. Mais vous priez pour que son RSA ne se coupe jamais pour ne jamais avoir à affronter sa colère ou son passage à l'acte. Elle utilise le système, d'accord. Pour votre survie, vous êtes d'accord pour qu'elle le fasse... 1% de personnes qui ont échappées au système, ne respectent pas les règles, vous toisent, vous méprisent, vous insulterez presque si elles ne savaient pas que ça risquerait; cette fois, de compromettre leur utilisation du système.

Ils ne sont vraiment, vraiment, vraiment pas nombreux. Ils sont effrayant, n'ont aucunes limites autre que celles qu'ils se sont fixés... Ils sont rares, très rares et surtout tellement ingérables qu'il vaut mieux leur donner 500€ plutôt que de risquer une boucherie !

Il s'agit là de cas psychiatriques, clair et identifiable pour n'importe quel professionnel. Tous les autres, je dis bien tous les autres, ne profitent pas du système !!!!

Maintenant, passons au terme d' "assistés"... Assistés voulant clairement dire que l'on a de l'aide d'un/e assistant/e : assistant/e de service social, assistant/e à l'emploi, assistant/e de direction ...

Donc oui, les chercheurs d'emploi sont, parfois, assistés. Pas souvent à mon idée ! Lorsque l'on sait le travail que nécessite la recherche d'emploi, finalement certains directeurs de service en font bien moins et sont assistés par une assistante de direction ou secrétaire... Et ça ne semble choquer personne dans une entreprise ! Mais assister un chercheur d'emploi dans ses démarches seraient anormales ?! Contrairement au chef d'un service quelconque, diplômé et formé, le chercheur d'emploi ne maîtrise pas la recherche d'emploi... Finalement, le plus assisté n'est pas celui que l'on croit ;-)